Quand planter la rhubarbe : le guide pour réussir sa plantation
Vous vous demandez quand planter la rhubarbe pour qu’elle s’installe sans traîner et vous donne de belles côtes plus tard ? Je vous explique le bon moment selon votre climat, l’endroit idéal au jardin et les gestes qui font la différence. Rien de sorcier, mais il y a deux ou trois pièges à éviter.
Plantez la rhubarbe à l’automne en climat doux, au printemps en région froide. Visez un sol riche, profond et bien drainé, laissez environ 1 mètre par pied, arrosez bien et attendez que la touffe soit installée avant de récolter.
Pour voir les gestes en images, cette masterclass est bien utile :
Qu’est-ce que la rhubarbe ?
Une vivace gourmande et robuste
La rhubarbe est une plante vivace : une fois installée, elle reste en place plusieurs années au jardin. C’est pour ça qu’il faut bien réfléchir dès le départ à quand planter la rhubarbe et où la mettre. Elle est robuste, oui, mais elle n’aime pas qu’on la malmène au démarrage.
Et puis, soyons francs, une belle touffe de rhubarbe bien nourrie, ça en impose au potager.
La partie qu’on mange, ce sont les pétioles : ce sont les tiges charnues qui relient la feuille à la plante. Les feuilles ne se consomment jamais, car elles sont toxiques. Ça, il faut le garder en tête sans discussion.
Ce qu’il faut savoir avant de l’installer au jardin
Avant de planter, je vous conseille de prévoir de la place. Un pied de rhubarbe prend vite du volume : comptez environ 1 m² par plant, ou au minimum 90 cm à 1 mètre entre deux pieds. Sinon, la touffe s’étouffe et la récolte baisse. Pas de miracle là-dedans.
- Sol profond : les racines doivent descendre sans buter sur une terre tassée.
- Terre riche : la rhubarbe est gourmande, elle aime la matière organique.
- Drainage correct : l’eau doit s’évacuer, sinon les racines souffrent.
- Exposition souple : soleil léger ou mi-ombre, pas un four en plein sud.
Pourquoi le bon timing de plantation est essentiel
Le moment de plantation joue directement sur l’enracinement. Si vous plantez au bon moment, la plante a le temps de fabriquer de bonnes racines avant l’hiver ou avant les grosses chaleurs. Et ça change tout : un pied bien installé repart plus vite au printemps suivant, avec une meilleure vigueur.
À l’inverse, un jeune plant planté au mauvais moment passe son temps à survivre au lieu de s’installer. C’est un peu comme poser des fondations dans la boue : ça ne tient jamais très bien.
Quand planter la rhubarbe ?
La plantation d’automne : la meilleure option en climat doux
En climat doux, l’automne est souvent la meilleure période. On vise en général septembre à novembre, avec une préférence fréquente pour octobre et novembre. Le sol est encore tiède, souvent plus humide, et les racines travaillent tranquillement avant l’hiver.
Si vous pouvez planter au moins 6 semaines avant les premières gelées, c’est encore mieux.
Je vous conseille cette fenêtre si votre jardin ne subit pas de gros coups de froid. La rhubarbe s’installe alors sans stress, et vous partez avec une longueur d’avance au printemps.
La plantation de printemps : l’option la plus sûre en région froide
Si vous êtes dans une région froide, humide ou sujette aux gelées tardives, le printemps est plus prudent. On plante en général de mars à avril, parfois jusqu’à mai selon la météo locale. L’idée est simple : attendre que le sol soit travaillable, donc qu’il s’émiette sous la main sans coller aux bottes, et que le risque de forte gelée soit passé.
Le printemps laisse ensuite plusieurs semaines à la plante pour s’enraciner avant l’été. C’est souvent le bon choix si vous avez encore des nuits fraîches chez vous.
Les périodes à éviter : gel et fortes chaleurs
Il y a des moments où il faut lever le pied. Et franchement, mieux vaut patienter deux semaines que de rater la reprise. La rhubarbe n’aime ni les extrêmes ni les sols capricieux.
- Sol gelé : impossible de bien planter, les racines ne reprennent pas.
- Fortes chaleurs : le jeune plant souffre et demande trop d’arrosage.
- Sol détrempé : l’eau stagne, les racines s’asphyxient.
❌ Si la terre colle à la pelle ou si une gelée est annoncée, je vous conseille d’attendre. Une rhubarbe plantée dans ces conditions démarre mal, et elle le montre longtemps.
Si vous hésitez encore entre les deux saisons, cette vidéo résume bien la logique selon le climat :
Quand planter la rhubarbe : automne ou printemps ?
Choisir l’automne si le sol reste chaud et humide
L’automne est le bon choix si votre terre garde encore de la chaleur et que l’humidité revient sans excès. Dans ce cas, les racines s’installent tranquillement. C’est particulièrement intéressant dans les régions aux hivers doux ou aux étés un peu secs, parce que la plante a pris ses marques avant la saison dure.
Choisir le printemps si le risque de gel est encore présent
Le printemps reste la solution la plus sûre quand les gelées peuvent encore frapper tard. Vous attendez que le terrain soit prêt, puis vous plantez dès que possible. La rhubarbe a alors toute la belle saison pour faire ses racines avant l’hiver suivant.
Reporter la plantation en cas de sol gelé ou détrempé
Le bon réflexe, c’est de ne pas forcer. Un sol gelé ou gorgé d’eau met la reprise en danger. Si votre terrain est collant ou saturé d’eau, patientez. La rhubarbe est une costaud, oui, mais elle a ses limites (comme nous tous, d’ailleurs).
| Situation | Période conseillée | Pourquoi |
| Climat doux | Septembre à novembre | La terre est encore chaude et l’enracinement démarre vite. |
| Région froide ou gel tardif | Mars à avril, parfois mai | Vous évitez qu’un jeune pied subisse une grosse gelée. |
| Sol gelé ou détrempé | Attendre | La reprise serait mauvaise, voire nulle. |
Quand planter la rhubarbe après achat ou division ?
Planter un jeune plant acheté en godet
Un godet, c’est simplement un petit pot de culture. Si vous achetez un jeune plant en godet, mettez-le en terre assez vite, au printemps ou à l’automne selon votre région. Si la motte est sèche, vous pouvez la réhydrater dans un seau d’eau quelques minutes avant plantation.
Ensuite, arrosez généreusement pour bien plaquer la terre contre les racines.
Repiquer une souche divisée
La rhubarbe se multiplie souvent par division de touffe : on coupe la souche en plusieurs morceaux, avec chacun au moins un bourgeon viable. C’est une très bonne méthode pour rajeunir un vieux pied ou faire des plants supplémentaires. Là encore, les meilleures fenêtres restent mars-avril ou septembre-octobre.
Pour voir le geste en pratique, cette vidéo est bien faite :
Laisser le temps à l’enracinement avant l’été
Le vrai enjeu, c’est de laisser plusieurs semaines à la plante pour s’ancrer. C’est pour ça qu’il faut viser une plantation suffisamment tôt avant les grosses chaleurs. Une rhubarbe qui a pris racine avant l’été supporte bien mieux les coups de chaud (et elle vous le rend sans faire d’histoire).
Où planter la rhubarbe ?
La bonne exposition : soleil léger ou mi-ombre
La rhubarbe aime le soleil léger ou la mi-ombre. En clair, elle veut de la lumière, mais pas une exposition brûlante toute la journée. Dans les régions chaudes, une ombre légère l’après-midi est même un vrai plus. C’est plus confortable pour elle, et ça limite le stress hydrique.
Le bon sol : profond, riche et bien drainé
Le sol idéal est profond, fertile, un peu humifère et surtout bien drainé. Si votre terre manque de nourriture, je vous conseille d’y apporter de la matière organique avant de planter. J’en parle aussi dans mon article sur l’usage du marc de café pour enrichir le jardin : à petite dose, ça complète bien un sol vivant.
✅ Un sol bien préparé, c’est déjà la moitié du travail. La rhubarbe, ensuite, se charge du reste sans faire la difficile.
L’espace à prévoir entre les pieds
Je vous recommande de laisser environ 1 mètre entre deux pieds. Pourquoi ? Parce que la touffe grossit chaque année et prend vite ses aises. À l’étroit, elle produit moins et s’épuise plus vite. Si vous plantez plusieurs pieds, pensez donc en volume, pas seulement en surface au sol.
Préparer le sol avant la plantation
Amender avec du compost ou du fumier bien décomposé
Avant plantation, incorporez un compost mûr ou du fumier bien décomposé. Le mot important, ici, c’est bien décomposé : un fumier frais peut brûler les jeunes racines. L’intérêt, c’est d’apporter de la nourriture lente et d’améliorer la structure du sol.
Si vous aimez les solutions simples et économiques, je vous laisse aussi mon retour sur ce qu’on peut mettre au pied d’un figuier : on y parle aussi de sol couvert et nourri.
Aérer et décompacter la terre
La rhubarbe a besoin d’un sol ameubli en profondeur. Si votre terre est tassée, travaillez-la avec une fourche-bêche (un outil à dents qui soulève la terre sans la retourner en bloc). L’idée est d’ouvrir la structure du sol, parfois sur 40 à 50 cm si la terre est dure.
Pas besoin de transformer le jardin en chantier, mais il faut que les racines puissent descendre sans se battre.
Vérifier le drainage et l’humidité du terrain
La rhubarbe aime la fraîcheur, mais pas l’eau stagnante. Si, après une pluie, l’eau reste longtemps au même endroit, ce n’est pas le bon coin. Cherchez plutôt une zone où l’humidité se maintient sans former de mare. En terrain lourd, mieux vaut parfois choisir un autre emplacement que de jouer les apprentis sorciers.
Comment planter la rhubarbe pas à pas ?
Creuser un trou assez large pour les racines
Le trou doit être assez large pour que les racines s’étalent sans se plier. Si vous plantez une motte, ouvrez-la doucement. Si la souche est nue, placez les racines en étoile dans le fond du trou. Le cœur de la plante doit rester au niveau du sol, pas enterré trop profond.
Respecter un espacement d’environ 1 mètre
Gardez votre règle de base : 90 cm à 1 mètre entre deux pieds. C’est simple, net, et ça évite de se retrouver avec une jungle dans deux ans. Voici les gestes à suivre, dans l’ordre :
- Préparez le sol avec compost et décompactage.
- Creusez un trou large, pas trop profond.
- Placez la souche ou la motte au bon niveau.
- Reboucher avec la terre enrichie.
- Tassez légèrement puis arrosez.
Arroser abondamment puis pailler
Après la plantation, arrosez copieusement. Le but est de chasser les poches d’air et de mettre les racines au contact de la terre. Ensuite, ajoutez un paillage de 5 à 8 cm : paille, feuilles mortes bien sèches, tontes séchées, ou broyat. Le paillage garde le sol frais et limite les mauvaises herbes.
Si le sujet vous intéresse, je vous en parle aussi dans mon article sur ce qu’on peut mettre au pied d’un figuier.
Quand cueillir la rhubarbe ?
Attendre que le pied soit bien installé
Je vous conseille de ne pas vous précipiter. Une jeune rhubarbe doit d’abord faire ses racines et ses réserves. Tant que la touffe est petite, contentez-vous d’une récolte légère, voire de rien du tout si le plant est faible. En clair : laissez-la respirer une saison, elle vous le rendra ensuite.
Récolter les pétioles sans toucher au cœur
On récolte les pétioles en les tirant à la base ou en les coupant proprement, sans blesser le cœur de la touffe. C’est lui qui assure la repousse. Si vous l’abîmez, vous ralentissez la plante pour rien. Prenez seulement ce qu’il faut, et laissez toujours assez de feuilles pour que la rhubarbe continue de fabriquer son énergie.
Ne jamais consommer les feuilles
Je le redis, parce que c’est capital : les feuilles de rhubarbe ne se mangent pas. Elles sont toxiques. On garde donc les pétioles, et on met les feuilles de côté. Pas de cuisine improvisée avec ça, même “pour voir” (mauvaise idée, vraiment).
Entretenir la rhubarbe après plantation
Garder le sol frais les premières semaines
Les premières semaines, gardez la terre fraîche. Un arrosage régulier, sans détremper, aide la plante à bien repartir. Le paillage fait aussi une bonne partie du travail, parce qu’il limite l’évaporation. Et si vous partez plusieurs jours, mieux vaut arroser en profondeur avant de quitter le jardin que de faire les choses à moitié.
Nourrir le pied chaque année
La rhubarbe aime qu’on la nourrisse un peu chaque année. Un apport de compost au pied, en fin d’hiver ou au début du printemps, suffit souvent à relancer la touffe. Pas besoin d’en faire des tonnes : un bon apport régulier vaut mieux qu’un gros excès une fois tous les quatre ans.
Diviser la touffe quand elle devient trop dense
Quand la touffe devient trop serrée, qu’elle s’épuise au centre ou qu’elle produit moins, il est temps de la diviser. On coupe la souche en plusieurs morceaux vigoureux, puis on replante les éclats à bonne distance. C’est une manière simple de rajeunir le pied et de repartir sur de bonnes bases.
Comme souvent au jardin, on répare, on partage, et ça repart.
Merci d’avoir lu ce guide. Si vous aimez ce genre de conseils pratiques sur le potager et les travaux du quotidien, passez faire un tour sur l’accueil du blog : il y a d’autres articles utiles à se mettre sous la dent.
